Sous sa peau diaphane, glisse parfois la pointe d’une aiguille
Qui dessine en noir et bleu,
Les légendes des sages qui nourrissent son histoire
Et font briller ses yeux.
Sous sa peau diaphane, il y a des frissons qui s’éparpillent,
Touchant à peine de leur houle,
Ce qui reste de sa mémoire,
Le souvenir de ce qui la dressait, fière, face à la foule.
Sous sa peau diaphane, elle porte le masque des morts,
De ceux qui regrettent et aiment à prouver.
Sous sa peau diaphane, ne circule plus rien de fort,
Tant exister l’a abimée.
Sous sa peau diaphane, s’agite un cerveau
Que conscience et raison ont abandonné.
Depuis longtemps, au fond, elle a renoncé
A ressentir le froid, le chaud, à se délecter de ses maux.
Sous sa peau diaphane, luttant contre la tourmente,
Je le vois, pourtant le sang circule,
Frappant sa poitrine, battant à ses tempes,
Si fort que ses pommettes en brûlent.
Sur sa peau diaphane, une nuit, ma main tendre s’est baladée
Laissant à peine la trace de son passage enivré.
Alors j’ai eu envie de la prendre, de la secouer, de hurler,
Tant que l’on se sent vivant il est possible de tout changer.
Mais sous sa peau diaphane, presque rien n’a vibré.
D’un revers de main, l’espace d’un soupir,
Elle a balayé deux minuscules larmes argentées
Qui perlaient à ses yeux et troublaient sa mire.
Elle a repris pour toujours le masque placide et blanc
Qu’elle se plait à porter, en pensant désespérément
Qu’il la magnifie et lui sied à ravir,
Alors qu’il n’est que fard pour mieux se mentir.
Sur sa peau diaphane, ce jour là, ma main s’est pressée,
Laissant les traces écarlates de 5 petits fouets.
Mya Noodle

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