Monsieur le Président, chers vous autres,
Si la volonté suffisait, je ferais la paix dans le monde.
Mais elle ne suffit pas. Elle n'a jamais suffi depuis l'histoire de la conscience. La paix ne peut être que personnelle, et je ne sais si vous y avez accès, vu les lourds secrets qui doivent vous encombrer.
Je ne sais si tout cela vous préoccupe « vraiment », votre volonté ne semblant être qu'au service de vos ambitions personnelles.
Le monde ploie sous le joug des grands impératifs financiers, de la manne des banques et saigne du négoce de la guerre, de la mort. Des femmes se font humilier, violer, mutiler, des hommes sont enfermés simplement parce qu'ils expriment ce qu'ils pensent.
Nous sommes suspendus au fil fragile des intérêts économiques, industriels, capitalistes.
L'enfant meurt de faim sous les yeux de sa mère alors que nous jetons notre surproduction et que le rejeton du mouton capitaliste trépigne devant l'écran pour obtenir le dernier jeu.
Le monde est fou, Monsieur le Président.
Vous ne pouvez l'ignorer.
Comment parvenez-vous à demeurer en votre place, et négliger la misère au pied même de vos murs. Comment parvenez-vous à légiférer et faire virevolter à tour de bras les arrêtes préfectoraux pour contraindre le libre habitat, le loisir, le plaisir, le travail, la dignité, l'initiative, le moindre détail qui fait la (sur)vie du « fragile ».
Savez vous que les cartes peuvent s'inverser ?
Maîtriser, gouverner, sans éduquer, sans écouter ? Promettre sans tenir. Dire sans faire.
Ca ne vous pose pas de problème, le soir quand vous posez votre tête sur le luxe de votre oreiller ? Ou le matin quand vous vous faites face en vous rasant, ou en déféquant dans la faïence lisse les reliquats de votre dîner somptueux ?
Quand vous êtes seul, avec vous. En fait, je vous plains.
Votre ambition vous dévore, vous modèle, et nous avec. Vous êtes un homme de paille mais vous tenez des rênes.
Ce n'est certes pas vous, petit bonhomme, qui êtes responsable de toute cette confusion.
Vous n'avez que profité d'un système et de l'ignorance du « peuple » pour jouer vos cartes, peaufiner votre rôle et vous engouffrer dans le jeu.
De quoi êtes-vous le nom ? Psycho-pouvoir. Vous n'avez certes pas fait de coup d'état, mais juste un coup d'éclat. Il a suffit pour que des millions de gens glissent votre nom dans la fente de la bêtise.
Aucune sagesse ne vous anime. Comment peut on accepter de confier son « destin » citoyen, national, à une telle mascarade ?
Cette lettre pour vous dire que si la volonté suffisait, vous ne seriez pas là. Mais la volonté est quelque chose qui se nourrit. Ne pas accepter l'inacceptable, ne pas renoncer aux valeurs « morales » et éducatives, au spirituel, au collectif. Les pouvoirs successifs n'ont fait, quelque soit leur bord que donner des miettes au peuple de tous bords en lui faisant croire qu'il avait de l'importance.
Gauche droite centre droite centre gauche, et extrêmes...
Mais qu'est ce que cela signifie ? De qui se moque-t-on ?
….Vote blanc.
S'il est massif, il finira par dire le mécontentement et exprimer le refus d'être pris pour des moutons qui n'ont qu'à choisir la marque et la couleur du rasoir qui les tondra. Un jour, le non sera entendu s'il est assez audible. Suffit du « oui mais », du pis aller, du « vote utile ».
Tu préfères des bras de 3 m de long ou 3 jambes... ?
Si on refuse ce mode d'expression, blanche comme un étendard de trêve, on crédite le mensonge et l'abus. Il suffit de ces malveillances, sournoiseries, détournements de confiance et jeux truqués.
Si la volonté suffisait, les poules pourraient avoir des dents et vous les plumes d'un coq de parade.
Si la volonté suffisait, l'amour serait la seule autorité. A bon entendeur...
Paul Hitique
Zebulon
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