Les textes que vous allez trouver sur ce blog sont l'œuvre d'un atelier d'écriture à distance : Télé-Graphe. Les personnes qui y participèrent ne se connaissaient pas entre elles. Elles ont individuellement été contactées par l'animateur et ne connaissaient que les pseudos choisis par les autres. En début de mois, une consigne d'écriture (un déclencheur) était proposée par l'animateur... et chacun s'est lancé à sa façon. En Juin 2012, une rencontre a permi aux "télé-graphistes" de faire connaissance et vivre un partage en direct.


7ème épisode

Montluçon Vendredi 16 octobre 1914
La maison des Bailly retrouve peu à peu le calme et le silence après un repas du soir fort animé. Jean François arrivé de Londres est parti se reposer, et il ne reste plus que Suzanne et sa mère en tête à tête à la cuisine.
- Quelle idée à eu Jean François d’aller d’abord directement à Vichy retrouver Franck et Estelle en arrivant à Bordeaux.
- Comprends, ma fille, qu’il avait hâte de retrouver son ami et de faire la connaissance d’Estelle.
- Oh, ça j’ai bien compris, il n’a pas cessé de parler d’elle tout le repas. Elle lui a fait une très forte impression.
- Ne sois pas jalouse, elle est tellement jolie, et puis c’est ta future belle-sœur. Franck et Jean François ont tant de souvenirs en commun, je comprends leur impatience.
- Moi je comprends surtout qu’il n’était pas pressé d’arriver ici. C’est pourtant chez nous qu’il va loger ces jours-ci, ce n’est pas très correct de sa part.
- Tu sais bien que la liaison entre Clermont et Vichy est plus facile qu’avec Montluçon. Il n’y a là rien d’extraordinaire. Vas te coucher et n’y penses plus, la journée de demain s’annonce belle et fatigante. Viens m’embrasser.
- Bonne nuit maman.
Suzanne sortit non sans laisser échapper un soupir. Décidément sa mère ne comprenait rien.
Elle croisa son père qui rentrait après avoir fumé une dernière pipe sur le perron de la maison, et monta à l’étage. Elle ne put s’empêcher de ralentir en passant devant la chambre de Jean François, tendant l’oreille, mais tout était absolument calme. Il n’y avait vraiment qu’elle à sentir la tension de cette situation.
Trop nerveuse pour dormir, Suzanne redescendit l’escalier sous prétexte d’aller boire un verre d’eau, mais surtout pour retrouver sa mère. La présence de son père l’empêcha de reprendre la conversation commencée. Elle trouva donc un autre prétexte.
- Crois-tu que la guerre va bientôt finir et que nos amis vont revenir ?
- J’y pense souvent, j’y pense et puis j’oublie répondit Michelle Bailly. Tu crois vraiment que je n’ai que ça en tête en ce moment. Bien sûr tous ces pauvres garçons n’ont pas eu la chance de Franck et Jean François, mais demain est un jour important et ne pas célébrer ce mariage ne changerait pas le cours de l’histoire.
Vas-donc relire le cantique que tu dois chanter à l’église. Je sais que tu seras parfaite mais une dernière répétition te changera les idées.
Déçue de cette réponse, Suzanne embrassa ses parents et remonta dans sa chambre.
Il y a des jours où tout parait plus compliqué. Depuis l’âge de dix ans Suzanne a toujours admiré son  frère, mais pourquoi le cacher c’est à Jean François qu’elle pense maintenant.
Si la volonté suffisait pour oublier cette stupide rupture, la guerre, la beauté d’Estelle… Heureusement un mariage va par chance lui changer les idées, mais est-ce vraiment de la chance.
A suivre…

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