Nous avions 20 ans en...
Le pays de mes rêves est celui où des canons la trêve produit un son assourdissant. Il est celui où jeunes et vieux se couchent et se réveillent ensemble en souriant. Le pays de mes rêves n'est pas celui où je vis maintenant. Le mien est un endroit où l'on meurt d'indifférence dans la rue ou de son esclavage au pays du Soleil Levant. Terre assoiffée par de cyniques lois qui font culpabiliser des peuples sur l'autel de la dette et du Dieu argent. Est-ce vraiment de la chance en 2012 à Pékin ou Athènes que d'avoir 20 ans ?
J'ai souvent entendu les récits de ma grand-mère née en 1918 en Lorraine. L'histoire entre les nations des grandes haines, des villages expulsés, des souvenirs détruits, des vies maintes fois recommencées ailleurs même si on n'en a plus envie. Comment de petites rancunes on en éprouve de plus grandes encore, sans s'en rendre compte jusqu'à l'horreur suprême. Est-ce vraiment de la chance en 1940 à Metz ou Berlin que d'avoir 20 ans ?
Au moment où ces témoins s'éteignent, leur époque me fait penser à la mienne. Avec ses totalitarismes qui prennent des visages cachés aux atours parfois séduisants, aux uniformes très seyants, souvent méconnaissables sous d'autres déguisements. Mais ce sont pourtant les mêmes, avec leurs odeurs de bottes ou leurs bruits de pas, avec des camps nouveaux, leurs emprunts ou leurs fichages modernes.
Ne nous laissons pas diviser, convaincus que nous avons été créés en vue du bonheur, de la justice et de l'équité. Notre désir de vivre est leur plus grand ennemi, parce qu'on ne peut pas longtemps emprisonner la vie. Dans ce camp morne et sauvage, sortons de notre coma car un jour dans notre vie le printemps refleurira. Et y croire sans défaillir, c'est en vivre déjà. C'est une question de temps, liberté chérie un jour tu reviendras. Je serai peut-être vieux, mais je pourrai dire enfin que c'est vraiment une chance, je ne sais pas encore quand, à Dublin ou Barcelone que d'avoir 20 ans.
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