Si la volonté suffisait, rien ne pourrait nous résister. Cela reviendrait à affirmer que l’on peut tout contrôler, tout décider et que nous serions les seuls maîtres de notre destin. Aucune place donc laissée au hasard…laissant ainsi le libre arbitre, la raison gouverner nos vies…
Et si nous devions décider de tout et maîtriser tout, ce postulat ne pourrait s’appliquer qu’à la conduite de notre propre destinée, et ne pourrait en aucun cas, exception faite du champ professionnel, nous autoriser à VOULOIR POUR L’AUTRE…qu’il se conforme à notre désir ou à ce qui nous semble bon pour lui…
La volonté serait l’envie doublée de la force (intention et action) de traduire en action un désir de réussite, de changement professionnel ou autre, d’obtention d’un résultat que l’on souhaite ardemment…
Je ne crois pas en une volonté molle, sinon on tombe dans la velléité…et pourtant les coups du sort (accident, maladie…) comme les grâces ou les cadeaux que la vie nous fait (rencontres amicales ou amoureuses, propositions professionnelles) relèvent souvent d’une forme de hasard ou de fatalité ou pas…diront certains, mais qui, en tout état de cause, ne s’apparentent pas à de la volonté…
On peut vouloir rencontrer l’amour de sa vie…sans que cela arrive forcément quand on le veut, mais le plus souvent au bon moment (kairos ou good timing) qui nous oblige à lâcher prise …sans tomber pour autant dans le fatalisme…et c’est là que la difficulté apparaît…
Il y aurait donc des décisions qui relèvent de notre seule volonté qui nous aide à réaliser ce que l’on veut, et l’acceptation d’un « ordre » qui nous dépasse (un ordonnancement suprême) qui n’a rien de divin et qui pourrait s’apparenter à l’ordre des choses et à l’inconscient collectif de JUNG.
Nous aurions donc un destin auquel on ne pourrait pas déroger quand bien même notre volonté nous pousserait vers un autre chemin de vie…
Mais ce principe serait à nuancer en fonction des individus ; certains étant sur les rails de leur destinée et d’autres « à côté de leur vie » faute de choix, donc de volonté, mais aussi et surtout peut être, faute d’écoute de leurs désirs ou de signes que la vie nous fait pour aller dans notre direction…qui ne relèvent pas de la volonté, mais de l’écoute silencieuse de notre voix/voie intérieure…
Entre libre arbitre et lâcher prise, il faut savoir naviguer ou se laisser porter par le courant de la vie…
Entre le TOUT VOULOIR qui renvoie à la notion de contrôle de soi et des autres et le RIEN VOULOIR qui au moins dans les domaines rationnels mène à l’attentisme, l’inertie, et la stagnation, il y aurait le JUSTE MILIEU qui doit sans cesse être redéfini…
Si il y a bien un domaine dans lequel la volonté ne suffit pas, c’est bien le domaine amoureux. On peut vouloir être en couple ou faire couple, mais cela ne suffit pas pour que l’autre ait le même désir…car la volonté et le désir ne font pas bon ménage ensemble…
La volonté est rationnelle et le désir ne l’est pas ; il relève de la pulsion, de notre inconscient, de ce que nous n’avons pas choisi d’être…
L’attirance physique ne relève pas de la volonté. Elle est seulement pour partie cérébrale mais maîtrise-t-on son cerveau quand on est attiré par une personne?...
Le fameux « parce que c’était lui, parce que c’était moi » de Montaigne, évoquant le sentiment amical qui peut lier deux êtres, évoque en filigrane, l’idée d’une alchimie qui peut nous dépasser. Le cœur a ses raisons que la raison ne connait pas.
Selon la formule populaire, il n’y aurait pas de hasard…ce qui n’est pas tout à fait vrai…Cependant nous avons intérêt à laisser de côté la toute puissance de la volonté pour gérer (et encore s’agit il de gérer ce domaine… ?) l’aspect sentimental de notre vie…
Laissons donc opérer la part de MAGIE dans nos vies, car on dit communément que la vie fait bien les choses…Une belle volonté doit s’allier au lâcher prise quand les choses ne dépendent plus de nous…
En agissant ainsi, nous aurons beaucoup plus de chance d’être heureux…si telle est notre volonté…
Karma
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