Les textes que vous allez trouver sur ce blog sont l'œuvre d'un atelier d'écriture à distance : Télé-Graphe. Les personnes qui y participèrent ne se connaissaient pas entre elles. Elles ont individuellement été contactées par l'animateur et ne connaissaient que les pseudos choisis par les autres. En début de mois, une consigne d'écriture (un déclencheur) était proposée par l'animateur... et chacun s'est lancé à sa façon. En Juin 2012, une rencontre a permi aux "télé-graphistes" de faire connaissance et vivre un partage en direct.

Il y a des jours où le sentiment de ne pas être à ma place est persistant et je respire cette sensation de n’être pas en accord avec les humains qui m’entourent.

Il y a DES jours où ce sale cabot à encore « chié », devant la porte d’entrée de l’immeuble. Elle ne peut pas mieux le tenir, cette veille bécasse, qui lui sert de maîtresse ! Faut dire qu’elle est tellement épaisse, la vieille, qu’elle manque sans cesse de s’envoler ! Car « l’énorme canidé », qui n’est en fait qu’un caniche nain abricot,  la tire en avant, semblant vouloir soit la faire choir, soit lui provoquer un arrêt cardiaque ! Le tableau est à  mourir de rire !
Il y a DES jours où ce bambin infernal, du deuxième étage, n’a pas arrêté de pleurer de la nuit.  De plus, les parents parlons-en des parents, ils sont comment dirais-je… ? Un peu louches ! Lui : Patibulaire, marche avec les bras écartés du buste, j’ai l’impression qu’il a avalé un parapluie ouvert, ou bien qu’il a forcé sur la musculation !  Elle : Elle a  constamment  la tête baissée. J’ai l’impression qu’elle espère trouver quelque pièce ou, alors, elle craint, à tout moment d’écraser une merde du caniche de la vieille !
Et puis il y a  UN jour où en ouvrant la porte le charmant bambin me sourit de ses rares petites dents de lait. Je le regarde et ne peux que lui offrir naturellement, mon plus beau sourire. Je redresse la tête et me retrouve au niveau du visage d’une jeune femme un peu surprise, mais émue par l’instant magique que je viens de partager avec le petit garçon. Ce sacré coquin me dit-elle, se réfugiant tendrement dans les yeux de son fils et continuant discrètement son chemin…
Et puis, il y a UN AUTRE jour où je croise son mari dans la cage d’escalier. Celui-ci est vertement contrarié par la panne d’ascenseur. Il s’agite, gesticule et ses bras semblent vouloir battre l’air. Je m’étonne de son énervement. Un grand gaillard pareil ! Deux étages, ce n’est pas la mort. Oui me dit-il froidement, en effet, je n’ai pas besoin de mes bras pour grimper l’escalier. En revanche, pour monter mes deux packs d’eau, j’en ai besoin. Et mes deux prothèses supérieures ne supporteront pas le poids des bouteilles…
Il y a eu AUSSI CE jour où j’entends ce vaurien de chien aboyer sans discontinuer depuis la rue. N’y tenant plus, je sors dire deux mots à la vieille. Et là, je la trouve assise sur le sol essayant difficilement de se relever. En outre, « Médor » ne cesse de japper inquiet et joyeux à la fois tout en léchant abondamment les mains endolories de sa maîtresse. Je la relève, rien de grave, elle est solide l’ancêtre. Et de me tendre son petit sac noir immaculé tout en me disant d’une jolie voix douce et sereine avoir voulu ramasser les déjections de son « petit amour à quatre pattes ». Mais la fatigue et la panne d’ascenseur ont eu raison de son équilibre…
Il y aura des jours où le sentiment d’être à ma place sera persistant et je respirerai cette sensation d’être en accord avec les êtres qui m’entourent. Et ces jours j’ai décidé avec efforts de les atteindre… Mais non sans humour ni feinte désinvolture.                    

Dragibus

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