Les textes que vous allez trouver sur ce blog sont l'œuvre d'un atelier d'écriture à distance : Télé-Graphe. Les personnes qui y participèrent ne se connaissaient pas entre elles. Elles ont individuellement été contactées par l'animateur et ne connaissaient que les pseudos choisis par les autres. En début de mois, une consigne d'écriture (un déclencheur) était proposée par l'animateur... et chacun s'est lancé à sa façon. En Juin 2012, une rencontre a permi aux "télé-graphistes" de faire connaissance et vivre un partage en direct.

1er épisode
Montluçon le 12 octobre 1914
La sonnette venait de retentir pour la troisième fois à la grille de La Paqueraie et Michèle Bailly  descendait l’escalier avec comme un début de mauvaise humeur. Il y a des jours où l’on voudrait bien pouvoir être partout à la fois pensait elle. Pourtant à une semaine du mariage de son fils unique la mauvaise humeur est peu de circonstance.
Dans huit jours Franck sera marié mais d’ici là Michèle doit faire face sur tous les fronts. On vient de lui apporter un télégramme de Londres confirmant enfin la présence de Jean François qui sera le témoin de Franck à son mariage. Tous deux ont fait ensemble leurs études d’architecture et bien qu’ayant eu une courte liaison avortée avec la sœur de Franck, celui-ci tenait absolument à l’avoir pour témoin.
Voilà donc une confirmation qui ramène du positif dans le moral de l’organisatrice en chef puisque c’est ainsi que Michèle s’est auto-désignée. Presque cent personnes à gérer ce n’est pas rien dans une ville comme Montluçon. Pour les fleurs, pas de problème, le jardin en est suffisamment agrémenté, mais pour la restauration, un seul établissement a accepté de venir faire le traiteur à domicile. Heureusement le jardin est grand et la cuisine relativement bien équipée.
Cette maison est son bonheur à Michèle. Lorsque son mari a été muté comme directeur du collège de Montluçon, sa ville natale, après avoir enseigné les mathématiques dans un bourg trop petit à son gout, elle y a vu comme une consécration et la possibilité d’avoir  enfin une vie en rapport avec son éducation. Elle aurait bien sur préféré Vichy, mais l’administration en avait décidé autrement.  Par un heureux hasard la jeune fiancée venait, elle, de Vichy  où elle logeait chez son grand père et assurait un service d’infirmière auprès des curistes.
Les invités venant pour l’essentiel de Montluçon où Monsieur le Directeur du collège a retrouvé famille et amis d’enfance, les problèmes de logement sont presque résolus pour le soir des noces. Seuls, le témoin arrivé d’Angleterre et le grand père d’Estelle venant de Vichy, seront à loger à La Paqueraie. On est loin du front où la bataille de la Marne a débutée en septembre et les transports sont relativement faciles, d’autant que Louis, le grand père d’Estelle possède une  automobile. Ceci n’est pas sans ravir  Michèle qui voit là une occasion d’afficher son standing devant les invités.
En remontant les escaliers Michèle commence à croire qu’elle n’arrivera jamais à son rendez-vous chez le notaire. C’est le rendez-vous important de la semaine. La famille d’Estelle, et notamment  grand père Louis qui a fait fortune avec l’établissement thermal assurent les besoins financiers immédiats du futur couple.  Un passage devant notaire est donc incontournable dans une situation où les apports respectifs des deux familles sont assez déséquilibrés. Ce mariage sera un riche mariage à la hauteur des ambitions du jeune architecte et de sa famille.
A suivre...

Pixel

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les textes de chaque Télé-graphiste