Les textes que vous allez trouver sur ce blog sont l'œuvre d'un atelier d'écriture à distance : Télé-Graphe. Les personnes qui y participèrent ne se connaissaient pas entre elles. Elles ont individuellement été contactées par l'animateur et ne connaissaient que les pseudos choisis par les autres. En début de mois, une consigne d'écriture (un déclencheur) était proposée par l'animateur... et chacun s'est lancé à sa façon. En Juin 2012, une rencontre a permi aux "télé-graphistes" de faire connaissance et vivre un partage en direct.

Mmmmmh !

Depuis l'âge de 10 ans, je porte le titre de gros gourmand. Un dimanche matin, grand-mère avait confectionné une tarte aux pommes qui au chat et à moi, causa quelques soucis. Le repas s'étant bien déroulé, je fus pris d'une sorte de refus de fromage dont je sus trouver une cause qui me permis de m'éclipser de table. L'excuse étant trouvée, je me dirigeais jusque dans la cuisine, attiré vers l'objet qui nous concerne : la tarte aux pommes...  Elle était encore tiède et tant par amusement que par défi, je l'avalais presque toute entière. Toute entière... non; j'avais daigné n'en laisser qu'une seule part, sans doute par ironie teintée d'amusement. Au moment du dessert, accourant à la cuisine, les femmes se penchaient tout autour du moule à tarte, interloquées, interrogées, constatant le méfait et en cherchant l'origine : « Est-ce donc le fait du chat ? » A tout bien réfléchir, le chat aurait-il laissé un seul quartier, si bien découpé, si bien mis en valeur ? Le mystère demeura peu de temps, et disculpant un chat soulagé, il fallut bien avouer, non sans délectation ; que le chat, c'était moi ! Et devant des femmes stupéfaites mais plutôt amusées, j'ajoutais encore que, tout compte fait, après avoir tout avalé, la tarte de grand-mère n'était pas si bonne que cela !

Depuis l'âge de 10 ans, les plaisirs gourmands furent enrichis par les plaisirs de l'âme. Je revois la petite chapelle blanche où je travaillais mon orgue chaque jour. J'y vivais baigné de rouge, de vert, de bleu et de mille autres couleurs éblouissantes, projetées sur moi à travers les vitraux lumineux. En entrant dans cet endroit tranquille, à l'abri des agitations du monde, je saluais chaque jour d'un bonjour poli  les statues accrochées aux murs. Les Saints me regardaient avec bienveillance et encouragements. Sans nulle doute, durant mon jeu d'orgue et dans mon dos, les saints des vitraux répondant à ceux des statues se faisaient entre-eux des clins d’œil, des sourires complices ou émus en écoutant mes sons. A moins qu'ils ne soient pris parfois, par une irrésistible envie d'accomplir quelques bêtises d'écoliers; une bataille de boulettes ou un concours de grimaces.
Depuis l'âge de 10 ans, il m’est apparu sans détour que les plaisirs de la chair et que ceux du ciel sont tout à fait liés. Que les beautés d'en bas, des sons, des goûts et des couleurs, sont le prolongement de ceux d'en haut, incorporant tout l'être, sans oublier un recoin. Que mes jouissances de l'âme et que celle des sens, donnent un plaisir complet. Amours, délices et orgues sont des mots d'ailleurs bien curieux. La grammaire française leur réserve une bien étrange mutation. Celle d'être masculins au singulier et féminins au pluriel; englobant tous les êtres à travers le temps et l'espace, n'en n'oubliant aucun d'eux. Un peu de tarte aux pommes, un prélude et fugue de Bach, un regard bienveillant baigné de couleurs ou un concours de grimaces. Voilà tout un programme, une partition aux modulations surprenantes.

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