Les textes que vous allez trouver sur ce blog sont l'œuvre d'un atelier d'écriture à distance : Télé-Graphe. Les personnes qui y participèrent ne se connaissaient pas entre elles. Elles ont individuellement été contactées par l'animateur et ne connaissaient que les pseudos choisis par les autres. En début de mois, une consigne d'écriture (un déclencheur) était proposée par l'animateur... et chacun s'est lancé à sa façon. En Juin 2012, une rencontre a permi aux "télé-graphistes" de faire connaissance et vivre un partage en direct.

LE VAISSEAU DE SA MAJESTE L'INFANTE


(René-Vivian Cédrine) Ce matin je n’ai envie de rien. Déjà je n’avais pas envie de me réveiller, alors qu’habituellement j’aborde mes journées comme une bande de pirates aborde un vaisseau de sa majesté l’Infante : le sourire aux lèvres, avec l’envie de tout casser. Mais ce matin, rien. L’apathie totale. Je n’ai même pas envie d’ouvrir les yeux. Et pour dire mieux, si ma vie n’était pas en jeu, je ne sais pas si je respirerais. Pas envie. Non. Rien, merci bien.

(Dragibus) On sonne à la porte. Qui ça peut être ? Je finis par avoir peur des visites. Je n’ouvre pas. Je n’ai pas plus envie de parler que de respirer. On insiste. Je vais ouvrir à poil, ça lui servira de leçon, voilà !

(Eddy) Il faut que la vérité soit dite et je ne vais pas me gêner pour dire ce que je pense. Je ne vais pas prendre de gants. J’ouvre et je hurle en même temps : «Le vaisseau de sa majesté l’Infante est au fond de l’océan. Equipage et butin, tout est perdu. Y a plus rien à voir. Fin de la séquence. Salut.» Je veux refermer la porte mais l’homme corpulent qui me regarde m’en empêche en coinçant son pied entre la porte et le chambranle.

(Pixel) Je force, il finit par ôter son pied et je l’entends descendre l’escalier. Pas inquiet, mais tout de même je me demande de qui il s’agit. En regardant par la fenêtre je ne vois d’abord rien. Sans doute est-il resté sur le trottoir au pied de mon immeuble. J’allais me recoucher quand je le vois traverser la rue, s’arrêter chez l’épicier arabe d’en face et lui parler en montrant mes fenêtres. De crainte qu’il ne me reconnaisse derrière les carreaux, je fais un pas en arrière.

(Souris) C’est décidé, demain je cherche une autre planque. Depuis que Nico et Fred m’ont déposé là mardi dernier en me disant : « on prépare une place sûre pour le fric et on revient », plus aucune nouvelle. Trois cents briques, à trois, ça vaut le coup.  Mais ça fait deux fois que le gros de tout à l’heure vient frapper à la porte. Alors pas question de faire long feu ici. Je m’éclipse. Ce soir j’appellerai d’une cabine et je dirai à Fred que s’il veut le code du coffre, il n’a qu’à me chercher et qu’il a intérêt à le faire vite avant que je ne trouve d’autres collaborateurs.



Relecture : Nolimette

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