(Nolimette) Ce matin je n’ai envie de rien d’autre que toi. Six mois déjà que je suis l’otage de ces rebelles. Six mois seul dans cette mansarde sur la colline. Aucun être humain ne m’a touché. La pitance m’est amenée chaque jour par une petite lucarne. Jamais je n’ai vu mes geôliers. Seule Daisy, chatte rousse, s’est glissée quelquefois dans cette piaule. Une autre petite lucarne sur la vallée me sert d’exutoire. Je projette mes envies et mes pensées à l’horizon. Seulement, en cette matinée d’automne, je voudrais caresser tes cheveux et sentir ton doux parfum près de moi.
(René-Vivian Cédrine) Je ferme les yeux et voilà qu’on sonne à la porte de cette pièce lumineuse où j’ai enfermé précieusement chaque souvenir de toi ; On y sonne, on y tambourine, on s’exaspère, on s’impatiente. Alors, j’ouvre la porte et je te vois, alors tu entres, tu es là, je te vois, et je suis seul à te voir, moi seul te respire secrètement, à l’abri des rebelles et de leurs rudesses.
Ils ne savent pas que cette pièce existe. C’est mon refuge. Il n’est qu’à moi. Il est inaccessible à tout autre que moi. Il m’aide à survivre en attendant de pouvoir à nouveau te serrer contre moi.
(Dragibus) Il faut que la vérité soit dite. Tout leur avouer, ne rien oublier. Pour enfin te retrouver et me remplir de ton parfum. La vérité, oui, mais quelle vérité? Celle qui me condamne ? Celle qui t’accuse ? Pour qu’enfin tout ça cesse. Je peux leur dire que c’est Daisy. Avant qu’ils ne comprennent... Ils me laisseront un peu tranquille.
(Eddy) En regardant par la fenêtre je m’aperçois que mes geôliers ont quitté leur poste. C’est la première fois depuis six mois. Que se passe-t-il ? Au loin il me semble entendre des coups de feu... Et si c’était mes libérateurs ? Tout va alors très vite dans ma tête. Pas de temps à perdre, je dois saisir cette chance. Je rassemble pulls, cigarettes et ma gourde, un coup d’épaule, la porte cède, je me retrouve hors de cette piaule. Le souvenir de ton parfum m’enivre et décuple mes forces, je suis libre. Je cours à perdre haleine rejoindre le fond de la vallée.
(Pixel) C’est décidé, demain je lâche cette putain d’ONG qui m’a laissé tomber et nous partons tous les deux. Qu’ils se démerdent avec leurs puits et leurs cultures imbouffables. La liberté aussi ça se partage. Et elle a un parfum, celui de ton amour.
Relecture : Souris
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