Les textes que vous allez trouver sur ce blog sont l'œuvre d'un atelier d'écriture à distance : Télé-Graphe. Les personnes qui y participèrent ne se connaissaient pas entre elles. Elles ont individuellement été contactées par l'animateur et ne connaissaient que les pseudos choisis par les autres. En début de mois, une consigne d'écriture (un déclencheur) était proposée par l'animateur... et chacun s'est lancé à sa façon. En Juin 2012, une rencontre a permi aux "télé-graphistes" de faire connaissance et vivre un partage en direct.

SURMENAGE


(Pixel) Ce matin je n’ai envie de rien. Cela n’arrive pas souvent mais il y a des jours où je me sens non pas comblé mais heureux, détendu, bien dans ma peau. Le résultat 2-0 contre la Suède m’avait un peu énervé mais me voilà revenu dans une phase optimiste. Le super film télé d’hier soir n’y est peut être pas pour rien. Et puis j’ai enfin eu mon entretien avec ma chef de service et mon augmentation est acquise. Je vais pouvoir l’annoncer à ma blonde et ce sera parfait.

(Souris) On sonne à la porte. A cette heure-ci c’est rare. Et puis je n’attends personne. Par l’œilleton j’aperçois une femme entre deux âges, souriante. J’ouvre.
- Oui ?
- Bonjour, nous avons une bonne nouvelle pour vous...
Derrière la dame se tient un africain tout aussi souriant. L’un et l’autre me tendent des brochures illustrées. Qu’est ce qu’ils veulent me vendre ? Je suis dans d’assez bonnes dispositions pour ne pas leur claquer la porte au nez.
- Oui, reprend la visiteuse, votre vie est sous la protection de Celui qui n’est que...

(Nolimette) Il faut que la vérité soit dite. Je suis donc envouté par le nommé Mamadou qui se tient derrière la bonne femme. Envouté au sens vaudou s’entend. Ce qui est une bonne nouvelle pour eux mais peut être pas pour moi. Je commence à me demander si mon humeur du matin ne serait pas le résultat de cette prise de contrôle. Ma cervelle est comme molle. Je reste les bras ballants, le regard fixe. J’essaie de leur échapper et je me précipite vers la fenêtre pour prendre l’air.

(René-Vivian Cédrine) En regardant par la fenêtre, j’aperçois les témoins de Jéhovah et les vendeurs d’aspirateurs et d’encyclopédies universelles faire  la queue devant chez moi. Cette journée promet d’être un tantinet étrange, me dis-je tandis que le nommé Mamadou me promet un désenvoutement, le retour de l’être cher et une victoire de l’Equipe de France moyennant une généreuse donation. Et tandis que les colporteurs attendent patiemment leur tour pour tenter de me vider les bourses, je me rends compte que le Sieur Mamadou ressemble étrangement à l’acteur principal du film d’hier soir. Et – encore plus étrange – cela ne m’étonne pas plus que cela.

(Dragibus) C’est décidé, demain je déménage. Ce quartier me sort par les yeux. Tous ces colporteurs m’exaspèrent. Un petit appartement au 10ème sans ascenseur et j’échapperai sans doute à tous ces démarcheurs. Et surtout à l’emprise de Mamadou. Et quelle belle manière de retrouver la ligne. Dix étages à grimper plusieurs fois par jour, ça entretient son homme !



Relecture : Eddy

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