Les textes que vous allez trouver sur ce blog sont l'œuvre d'un atelier d'écriture à distance : Télé-Graphe. Les personnes qui y participèrent ne se connaissaient pas entre elles. Elles ont individuellement été contactées par l'animateur et ne connaissaient que les pseudos choisis par les autres. En début de mois, une consigne d'écriture (un déclencheur) était proposée par l'animateur... et chacun s'est lancé à sa façon. En Juin 2012, une rencontre a permi aux "télé-graphistes" de faire connaissance et vivre un partage en direct.

TOUT SAUF SEGOLENE


(Souris) Ce matin je n’ai envie de rien. La radio poursuit son bavardage sans que j’y prête la moindre oreille. Rien là dedans qui pourrait accrocher un coin de mon attention. Sur la toile cirée, mon bol de Ricoré à moitié bu voisine avec des miettes de pain et une tache brune laissée par la cuillère. J’irai plus tard dans la salle de bain. Plus tard. Ou pas. La dernière cigarette du paquet se consume sur le bord du cendrier. Il faudra le vider. Tout à l’heure. Ou pas.

(Nolimette) On sonne à la porte. Pas très envie de voir quelqu’un entrer dans mon nid défait. Peut être le facteur ou le livreur qui doit m’apporter mes derniers jouets.
- Ouvre Fred, je sais que tu es là !
Ah non ! pas Ségolène ! Je ne veux pas encore m’excuser pour des motifs que j’ignore.

(René-Vivian Cédrine) Il faut que la vérité soit dite : aujourd’hui tout m’emmerde, aussi bien le quotidien que l’extraordinaire, aussi bien la radio que ma petite cuillère, que mes voisins, que mes cigarettes. Alors, cette conasse de Ségolène que je ne peux souffrir (ordinairement) et qui vient encore déverser son mal-être au creux de mon oreille peut aller se faire sodomiser par une tribu de Massaïs épileptiques, je n’en ai cure ! Non mais !

(Dragibus) En regardant par la fenêtre je vois passer des légionnaires. Ils font leur footing. Cette vision réveille en moi une démangeaison agréable. J’ai trouvé. Ce n’est pas Ségolène qui va subir les derniers outrages mais moi... Mais chez les Massaïs ?  Rien qu’à y penser je suis réconcilié avec la vie. Et cette démangeaison s’intensifie.

(Eddy) C’est décidé, demain je prends l’avion, direction l’Afrique à la rencontre du peuple Massaï. Rien de mieux pour prendre du recul, dire stop à tout ce qui m’emmerde, à tout ce qui fait ma vie, à Ségolène. Je pars. J’ai besoin d’authenticité, de simplicité. J’ai besoin de me retrouver. J’ai besoin de rituel, j’ai besoin de temps. Je veux écrire mon propre scénario quelle qu’en soit l’issue...



Relecture : Pixel

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